Article — Le Journal
Bien penser son projet 7 min 23 September 2026

Rénovation : pourquoi il faut penser son logement pour l’hiver ET pour l’été

MF

Mallory Frémont

Architecte d'intérieur

Arrêtons de défier la chaleur, mais apprivoisons-la !

J’ai lu cette phrase d’Ilaria Fatone pendant la canicule, et elle m’est restée en tête. Peut-être parce qu’elle résume assez bien notre drôle de rapport à la chaleur. On sait qu’elle arrive. On sait qu’elle revient. On sait qu’elle dure plus longtemps. Et malgré tout, on continue parfois à vivre dans nos logements comme si l’été allait rester “poli”.

Spoiler : il ne reste pas toujours poli.

Cet été, beaucoup de personnes ont parlé d’urbanisme, d’îlots de chaleur, de végétalisation des villes, de matériaux, de rues trop minérales. Et oui, évidemment, tout cela est essentiel. Nos villes doivent évoluer. Nos bâtiments aussi. Nos manières d’habiter également.

À notre échelle, sans refaire la ville entière, il existe déjà une question très simple à se poser : est-ce que mon logement est pensé pour être agréable toute l’année ?

Pas seulement beau. Pas seulement bien isolé. Pas seulement performant sur le papier. Agréable à vivre en janvier, en avril, en juillet, un mercredi de télétravail, une nuit trop chaude, un jour où les enfants sont malades, un soir où l’on rêve juste de respirer un peu.

On a longtemps rénové pour l’hiver

Pendant longtemps, la rénovation a été pensée avec une obsession principale : ne pas avoir froid.

Mieux isoler. Réduire la facture de chauffage. Améliorer le DPE. Changer les fenêtres. Traquer les courants d’air. Gagner en confort thermique l’hiver.

C’est indispensable. Un logement mal isolé, froid, humide ou énergivore, ce n’est pas confortable. Ce n’est pas sain. Ce n’est pas durable.

La difficulté, c’est lorsque l’on pense uniquement “hiver”. Car un logement n’est pas un manteau que l’on porte trois mois dans l’année. C’est un lieu de vie complet, traversé par les saisons, les usages, les contraintes et les habitudes.

Un logement bien pensé doit protéger du froid. Il doit aussi aider à supporter les fortes chaleurs.

Le confort d’été n’est plus un détail

Le confort d’été, ce n’est pas seulement une affaire de température. C’est une affaire d’usage.

C’est la chambre sous les combles où l’on ne dort plus. Le salon exposé plein sud qui devient impraticable l’après-midi. Le bureau où l’on télétravaille en plein soleil. La chambre d’enfant sans volet. La baie vitrée magnifique en hiver, redoutable en juillet. Le balcon qui pourrait devenir un petit îlot de fraîcheur, mais qui reste vide parce qu’on ne l’a jamais pensé ainsi.

On parle beaucoup de performance énergétique, et c’est nécessaire. Pourtant, un logement performant sur le papier peut rester inconfortable en été si l’on n’a pas anticipé les apports solaires, la circulation de l’air, les protections, les usages des pièces et les habitudes de vie.

Chez ARCHIMEDE, c’est précisément ce genre de questions qui nous intéresse. Parce qu’un projet d’architecture intérieure ne devrait pas seulement répondre à une envie esthétique. Il devrait répondre à une manière de vivre.

La réponse n’est pas forcément “mettre la clim partout”

La climatisation peut parfois être une réponse. Elle peut être utile dans certains contextes, pour certaines personnes, dans certains logements. Le sujet n’est pas de dire “jamais”.

Le sujet est plutôt de ne pas en faire une réponse automatique.

Améliorer son confort d’été, ce n’est pas forcément engager de gros travaux ou exploser son budget. C’est souvent une combinaison de choix justes, adaptés au lieu.

Fermer au bon moment. Créer de l’ombre. Choisir les bons rideaux. Travailler l’occultation. Faire circuler l’air. Installer un brasseur d’air. Alléger certains textiles. Végétaliser un balcon. Protéger une fenêtre exposée. Penser la pièce où l’on dort autrement que celle où l’on passe dix minutes par jour.

Rien de spectaculaire. Rien de très Instagrammable parfois. Juste du bon sens remis au bon endroit.

Et souvent, c’est cela qui change vraiment la vie quotidienne.

Un exemple très simple : les fenêtres sous pente

Dans un projet que nous avons accompagné, certaines fenêtres sous pente posaient une vraie question de confort. Sur le papier, elles étaient belles. Elles apportaient de la lumière. Elles donnaient du charme à la pièce.

Dans la vraie vie, elles pouvaient aussi devenir une source de chaleur, d’éblouissement et d’inconfort.

La réponse n’a pas été révolutionnaire. Nous avons travaillé avec des rideaux isolants, adaptés à l’usage, pour mieux gérer la chaleur, la lumière et l’intimité.

Ce n’était pas le geste le plus spectaculaire du projet. Ce n’était pas celui que l’on remarque en premier sur une photo. Pourtant, c’était un choix important, parce qu’il répondait à une réalité quotidienne.

Un bon projet, ce n’est pas toujours une grande transformation visible. C’est aussi une série de décisions discrètes qui rendent le lieu plus juste.

Maison ou appartement : il n’y a pas une solution unique

Une maison avec jardin ne se traite pas comme un appartement en étage élevé. Un logement traversant ne se vit pas comme un appartement mono-orienté. Une pièce sous combles ne pose pas les mêmes questions qu’un rez-de-chaussée sombre. Un balcon plein sud n’a pas les mêmes besoins qu’une cour intérieure.

Dans une maison, on pourra parfois travailler l’ombre avec des arbres, des protections extérieures, une terrasse mieux pensée, des zones végétalisées, des circulations plus fraîches.

Dans un appartement, on pourra agir autrement : brasseur d’air, rideaux adaptés, occultation, circulation de l’air, ventilation nocturne, végétalisation du balcon, choix de matières plus légères, réflexion sur les pièces les plus exposées.

Il n’y a pas une réponse universelle. Il y a une réponse juste pour un lieu, une famille, un rythme de vie, un budget et des contraintes.

C’est souvent là que l’accompagnement prend tout son sens. Non pas pour appliquer une recette, mais pour poser les bonnes questions avant de choisir les solutions.

Les bonnes questions à se poser avant de rénover

Avant de parler couleur de peinture, papier peint ou meuble sur mesure, il peut être utile de se demander :

Où fait-il trop chaud dans le logement ? À quel moment de la journée ? Quelle pièce devient difficile à vivre en été ? Où dort-on mal ? Les fenêtres sont-elles protégées ? Peut-on créer de l’ombre ? L’air circule-t-il correctement ? Les matières choisies fonctionnent-elles toute l’année ? Le balcon, la terrasse ou le jardin peuvent-ils participer au confort ? Les enfants, le télétravail, les horaires de vie changent-ils la manière dont le logement chauffe ou se rafraîchit ?

Ces questions peuvent sembler simples. Elles sont pourtant rarement posées assez tôt.

Or, en rénovation, ce que l’on anticipe au départ coûte souvent moins cher, s’intègre mieux et fonctionne plus longtemps.

Penser un intérieur, c’est anticiper la vraie vie

Chez ARCHIMEDE, nous aimons les beaux intérieurs. Les matières, les couleurs, la lumière, les volumes, les détails. Tout cela compte.

Ce qui compte encore plus, c’est la manière dont un lieu accompagne la vie de ceux qui l’habitent.

Un intérieur réussi ne devrait pas être seulement beau le jour de la livraison. Il devrait rester agréable quand il fait froid, quand il fait chaud, quand la famille évolue, quand les usages changent, quand le quotidien reprend ses droits.

Penser le confort d’été, ce n’est pas ajouter une contrainte de plus à un projet. C’est au contraire lui donner plus de justesse.

Parce qu’un intérieur à votre image, ce n’est pas seulement un intérieur qui vous ressemble. C’est un intérieur qui vous aide à mieux vivre.

En hiver. En été. Et tous les jours entre les deux.

Vos inspirations

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