Article — Le Journal
Bien penser son projet 5 min 10 September 2026

Quand le problème n’est pas celui que l’on croit

MF

Mallory Frémont

Architecte d'intérieur

Vous pensez manquer de place ? Et si ce n’était pas seulement une question de mètres carrés ?

“On commence à manquer de place.”

C’est une phrase que l’on entend souvent au début d’un projet. Elle revient chez les familles avec enfants, mais aussi chez les couples qui se demandent s’ils doivent déménager, pousser les murs ou repenser leur intérieur.

Et souvent, cette phrase arrive après des mois à composer avec les mêmes irritants : une entrée qui déborde, des jouets partout, une table de salon devenue bureau, des placards saturés, une cuisine pleine d’objets “au cas où”, une salle de bain envahie d’échantillons oubliés.

La conclusion semble évidente : il faut plus grand.

Parfois, oui.

Mais pas toujours.

Chez ARCHIMEDE, nous constatons souvent que le manque de place est un symptôme. Pas forcément le vrai diagnostic.

Manquer de place, ou vivre dans un logement qui n’a pas suivi ?

Un intérieur peut avoir été parfaitement adapté à une période de vie, puis devenir inconfortable quelques années plus tard.

  • Un enfant arrive.
  • Les enfants grandissent.
  • Le télétravail s’installe.
  • Les habitudes changent
  • On cuisine davantage.
  • On reçoit autrement.
  • Une pièce sert moins.
  • Une autre concentre trop d’usages.
  • Le logement, lui, n’a pas forcément évolué.

C’est souvent là que les tensions apparaissent. On se marche dessus. On ne sait plus où poser les choses. Les rangements semblent insuffisants. Certaines pièces sont saturées, pendant que d’autres sont sous-utilisées.

Le problème n’est donc pas toujours la surface. Il peut aussi venir d’un décalage entre votre intérieur et votre vie actuelle.

Avant d’ajouter des rangements, il faut regarder ce que l’on garde

C’est un sujet que l’on évoque moins spontanément, mais il est essentiel : on garde souvent trop de choses.

Les 25 dessins par jour des enfants.
Les vêtements “au cas où”.
Les échantillons de salle de bain périmés depuis longtemps.
Les objets de cuisine utilisés une seule fois.
Les moules à pâtisserie que l’on garde pour “le jour où”.
Les meubles que l’on déplace d’une pièce à l’autre sans vraiment les aimer.

Créer des rangements pour des choses qui ne servent plus, ce n’est pas optimiser. C’est organiser l’encombrement.

Le tri fait donc partie de la réflexion. Pas forcément sous forme de grand chantier insurmontable où l’on vide toute la maison en un week-end. Au contraire, le plus efficace est souvent de trier petit à petit, régulièrement.

Un sac pour les vêtements à recycler.
Une boîte pour les objets à donner.
Un tiroir que l’on reprend quand on a vingt minutes.
Une règle simple : si cela ne sert plus, ne plaît plus, ou ne correspond plus à la vie actuelle, il faut se demander si cela mérite encore une place.

Nous consacrerons un article complet à cette question, parce qu’elle mérite d’être traitée à part entière. Mais dans un projet d’aménagement, elle revient presque toujours. Avant de décider où ranger, il faut savoir ce que l’on veut vraiment garder.

Optimiser, ce n’est pas tout faire rentrer

L’optimisation est souvent confondue avec l’idée de tout caser : plus de placards, plus de meubles, plus de rangements fermés, plus de sur-mesure.

Mais un intérieur optimisé n’est pas un intérieur rempli au maximum.

C’est un intérieur où chaque espace a une fonction claire.

Une entrée qui absorbe vraiment les arrivées et les départs.
Une pièce de vie qui ne porte pas tous les usages de la maison.
Un coin bureau qui évite de travailler en permanence sur la table du repas.
Une chambre qui correspond à l’âge des enfants.
Une cuisine pensée pour ce que l’on utilise vraiment, pas pour tout ce que l’on a accumulé.

Parfois, le gain de place vient d’un meuble sur mesure. Parfois, d’une meilleure circulation. Parfois, d’une pièce que l’on réattribue. Et parfois, simplement de ce que l’on accepte de ne plus garder.

Le bon projet commence par les bonnes questions

Avant de conclure qu’il faut déménager ou chercher plus grand, il peut être utile de se poser quelques questions très simples :

Qu’est-ce qui déborde vraiment ?
Qu’est-ce que nous utilisons tous les jours ?
Qu’est-ce que nous gardons sans jamais nous en servir ?
Quelle pièce ne joue plus son rôle ?
Quelle pièce fait trop de choses à la fois ?
Qu’est-ce qui a changé dans notre vie depuis notre installation ?

Ces questions permettent souvent de sortir d’une sensation globale de “manque de place” pour identifier les vrais sujets : le tri, les usages, la circulation, la fonction des pièces, les rangements, la manière dont la famille vit réellement dans le logement.

Chez ARCHIMEDE, c’est ce travail d’observation qui nous intéresse. Parce qu’un projet réussi ne consiste pas seulement à rendre un intérieur plus beau. Il consiste à créer un lieu plus juste, plus fluide, plus cohérent avec la vie de ceux qui l’habitent.

Et si votre logement avait encore du potentiel ?

Bien sûr, certains projets nécessitent réellement plus de surface. Certaines familles ont besoin d’une pièce supplémentaire, d’un extérieur, d’un autre cadre de vie.

Mais avant de considérer que votre logement est devenu trop petit, posez-vous cette question :

Est-ce que mon intérieur est encore adapté à notre vie d’aujourd’hui ?

La réponse peut parfois ouvrir d’autres pistes qu’un déménagement.

Redistribuer les espaces.
Créer une vraie entrée.
Libérer la pièce de vie.
Repenser les rangements.
Accepter de trier.
Redonner une fonction claire à chaque pièce.

Parfois, quelques décisions bien pensées changent davantage le quotidien que plusieurs mètres carrés supplémentaires.

Vous hésitez entre rester, déménager ou réorganiser votre intérieur ?
Chez ARCHIMEDE, nous vous aidons à regarder votre logement autrement, à comprendre ce qui bloque vraiment, et à imaginer un aménagement plus adapté à votre vie actuelle.

Vos inspirations

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